Par : Kelly-Maude Amaral

Vivre avec l’arthrite, c’est apprendre à jongler avec les douleurs, la fatigue et l’imprévisibilité du quotidien. Au fil du temps, j’ai découvert que l’ergothérapie pouvait devenir un véritable allié. Cette discipline m’a permis de retrouver une forme d’autonomie, de redéfinir mon identité au-delà de la maladie, et surtout, de vivre à nouveau selon mon propre rythme.

D’abord, l’ergothérapie m’a appris d’être à l’écoute de mon corps. Avant, je pensais qu’il fallait simplement « pousser à travers » la douleur pour avancer. Aujourd’hui, j’ai appris à adapter mon quotidien : j’alterne les périodes d’activité et de repos, je planifie mes journées en fonction de mes capacités du moment, et surtout, j’ai cessé de culpabiliser lorsque mon corps me dit « stop ». L’ergothérapie m’a montré qu’adapter mes gestes, mon environnement ou mes routines n’était pas un échec, mais bien une manière intelligente de préserver mon énergie et ma santé.

Cette approche m’a aussi permis de continuer à réaliser des activités qui me tiennent à cœur, même si je ne les fais plus de la même façon. Grâce aux conseils d’ergothérapeutes, j’ai pu ajuster mes gestes, utiliser certains outils ou modifier mon environnement pour contourner les obstacles. C’est là que j’ai compris une chose essentielle : ce n’est pas moi le problème, mais parfois l’environnement qui n’est pas adapté à mes besoins. Ce changement de perspective m’a été libérateur.

Parmi les adaptations concrètes qui m’aident au quotidien, certaines sont devenues indispensables. Par exemple, ma table à hauteur ajustable me permet de changer de position facilement, ce qui est essentiel quand rester longtemps assise ou debout devient douloureux. J’ai aussi installé des chaises à des endroits stratégiques comme la douche ou la cuisine pour m’asseoir dès que les raideurs deviennent trop fortes. Des poignées de porte en L ont remplacé les poignées rondes : un petit détail, mais un grand soulagement pour mes mains douloureuses.

Ce que j’aimerais aujourd’hui, c’est que l’information sur l’ergothérapie et les adaptations possibles soit plus accessible. Avant d’étudier dans ce domaine à l’université depuis trois ans déjà, je ne savais même pas que cela existait ! Il faudrait créer des espaces espaces d’échange – que ce soit en ligne, via des forums ou des témoignages – pour que les personnes atteintes d’arthrite puissent partager leurs trucs, s’inspirer les uns des autres et se sentir moins seul. Parce au fond, il n’existe pas une seule façon de faire. L’arthrite touche chacun différemment et il faut des solutions personnalisées.

Enfin, j’ai réalisé que parfois, de petits changements font une énorme différence :placer les objets à la bonne hauteur, utiliser des outils adaptés pour cuisiner ou se laver, ou même juste comprendre ses propres limites. Tout cela peut suffire à redonner envie de faire des choses qu’on croyait perdues.

L’ergothérapie ne guérit pas l’arthrite, mais elle m’a redonné confiance en moi, en mes capacités, et m’a permis de reprendre en main mon quotidien. Et ça, c’est inestimable.

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